Le fil blanc Tribune n°199

Relèverez-vous le défi ?

Pas de clés, d’épreuves, de serpents ou de grand saut dans le vide (encore que…) mais néanmoins, un grand jeu de l’été !
Voici les questions ayant trait à l’anti-blanchiment qui ont été posées aux avocats stagiaires candidats au CAPA lors de la session de juin 2021.
Etes-vous capable d’y répondre.
Eviterez-vous les pièges ?
A vous de jouer.

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Questions à choix multiple

La Loi LPBFT est…

□ Une loi à laquelle on peut déroger par convention sous seing privée et dans le cadre des médiations
□ Ne s’applique pas lorsque les fonds sont versés par un notaire
□ Est d’ordre publique et s’impose à l’avocat
□ Ne concerne que le Président de l’OBFG

Lorsqu’il est porté à sa connaissance dans le cadre de son mandat de défense des faits ou des éléments qui pourraient être qualifiés selon l’article 505 du Code Pénal, l’avocat doit…

□ Respecter scrupuleusement le secret professionnel et agir dans son mandat de défense.
□ Faire une déclaration de soupçon à son Bâtonnier, à titre conservatoire.
□ Faire une déclaration de soupçon à son Bâtonnier, à la CTIF, au Parquet et au Juge d’Instruction.
□ Couvert par son mandat de défense, conseiller utilement son client sur les techniques les plus efficaces à utiliser pour blanchir.

Question ouverte

Vous êtes consulté par une personne détenue pour fait de grand banditisme et recel international d’œuvres d’arts. A l’occasion de l’étude du dossier et en vue de préparer sa défense devant le Tribunal correctionnel, votre client vous révèle qu’une partie du vol dans un musée est cachée chez un complice inconnu de la justice. Il vous précise également que ce complice souhaite vous rencontrer de manière à examiner avec vous les risques qu’il encourt et les mesures qu’il doit prendre à l’égard des biens qu’il détient. L’identité de ce complice ne vous est pas précisée. Vous répondez en déclinant toute intervention au motif d’un conflit d’intérêt et dites à votre client que ce tiers ferait bien de consulter un avocat.

Trois semaines plus tard, un confrère vous contacte et précise, sous la confidentialité, intervenir pour cette personne. Ce confrère vous annonce que suite à la vente des biens recelés, il dispose sur son compte de tiers de quoi financer votre intervention en ce compris jusqu’à la cassation mais il précise également ne pas vouloir apparaître. Il vous annonce dès lors avoir déjà versé un montant de 55.000 € sur votre compte de tiers avec la mention « En garantie de négociations commerciales ». Il vous précise qu’il vous appartiendra d’obtenir l’accord de votre client pour transférer comme frais et honoraires tout ou partie de ce montant et que le solde, s’il est positif, devra être versé sur un compte différent qu’il vous indiquera ultérieurement verbalement. Il se réjouit de votre judicieuse intervention.

Lors d’une seconde visite en prison, votre client dit tout ignorer de cette démarche mais se félicite que son « ami » prenne en charge votre intervention, il approuve l’opération. Après discussion, il campe sur ses positions et vous ne pouvez le dissuader. Il vous demande en outre d’assurer son ami anonyme, par votre confrère, de son respect absolu du silence.

Que lui dites-vous ?

Quel est la suite que vous réservez au montant reçu ?

Que faites-vous ? 

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Ne manquez pas le prochain numéro de la Tribune à la rentrée judiciaire. Vous y trouverez les réponses à ces questions.

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