Retrouvez dans cette rubrique l’expression, l’injure, le mot et la curiosité grâce auxquels vous pourrez tenter de paraître intelligent et cultivé en société !
L’expression : Les Anglais ont débarqué
Chose promise, chose due. Il y a quinze jours, après avoir « filé à l’anglaise », je vous avais promis de revenir avec les Anglais et leur débarquement.
Cette expression, plutôt crue et désagréable, anglophobe, est bien antérieure au débarquement de 1944.
Nous devons l’analyse de cette expression à J. Cellard qui la relie aux uniformes des soldats anglais, les fameux « habits rouges », « connus des Français par les guerres napoléoniennes et l’occupation des années 1815-1820. Le même euphémisme fondé sur le « rouge » du sang menstruel a été utilisé au XVIIIe siècle sous la forme : attendre, recevoir un courrier de Rome, par allusion au rouge de la robe cardinale. (Les Anglais ont débarqué) évoque à la fois la soudaineté, et le flot qui amène l’ennemi » (in D.F.N.C.)
Autre témoin de cette expression, d’ailleurs en usage dans le parler populaire parisien en 1820 peu après le départ de l’occupant : Bossu Mayeux (1832) : « Une fois chez nous, je fermai la porte avec soin et je la fis entrer dans le cabinet où nous couchions moi et mon frère. Enhardi par le vin que j’avais bu, je bravai cette fois ses prières et ses larmes, je bravai bien plus, je bravai les Anglais qui étaient débarqués, et je fus vainqueur. Mais je ne pus reconnaître parmi tant de sang s’il s’en mêlait quelques gouttes de sang virginal. ».
Cette expression prit son essor au XIXe siècle et est encore fréquemment usitée de nos jours.
Et que pensait d’ailleurs Pline l’Ancien d’une femme menstruée en 78 après J.-C. ?
« Dans toute autre époque où les règles coulent, si la femme fait nue le tour d'un champ de blé, on voit tomber les chenilles, les vers, les scarabées et les autres insectes nuisibles. (…) L'attouchement d'une femme en cet état gâte sans ressource les jeunes vignes et fait mourir incontinent la rue et le lierre, plantes douées de vertus très puissantes. (…) Cependant il est encore certain que les abeilles désertent leur ruche touchée par une femme en cet état ; que les lins noircissent dans la chaudière ; que le fil du rasoir s'émousse dans la main du barbier ; que les vases de cuivre touchés contractent une odeur fétide et se rouillent ».
Poésie quand tu nous tiens…
Le mot galvaudé : Mortadelle, s.f.
Plante vénéneuse des terrains humides. (Qui devient un saucisson malodorant !)
« L’emphysème butine la mortadelle en fleur » (Fabre, Souvenirs entomologiques)
Partant de cette situation, rappelons que l’emphysème est un coléoptère nocturne au vol silencieux et mou, devenu une maladie chronique pulmonaire irréversible caractérisée par la destruction des alvéoles et une perte d'élasticité du tissu pulmonaire.
Poésie quand tu nous tiens…
« L’emphysème doré dans sa course légère traverse les prés embaumés » (Alfred de Musset)
La curiosité : Etymologie sympathique – Porcelaine
Le nom porcelaine « sorte de coquillage » vient de l’italien porcellana, lui-même issu du latin porcella, « truie », en raison de la ressemblance de ce coquillage avec la vulve d’une truie. Porcelaine est attesté en 1298 avec le sens de « coquillage » et de « céramique ». Le sens « céramique » est dû au fait que la porcelaine ressemble à une coquille nacrée.
Qui n’a pas reçu au retour d’un voyage, ou, pire, offert ce mythique coquillage (ou encore pire, ne l’a pas encore dans son salon, orné d’un nom de pays en écriture rouge) :

L’insulte : Envoyer au peautre[1]
Envoyer balader
Le mot peautre désignait un bordel, d’où l’expression « je l’ai envoyé au peautre », utilisée pour signifier que l’on s’était débarrassé de quelqu’un de particulièrement collant ou ennuyeux.
Le défi du 12 février 2026:
Il y a 15 jours, je vous demandais si vous connaissiez d’autres noms d’étoffes à l’origine de noms de lieux, que celles proposées, à savoir alors : cravate, Shetland, mousseline, cardigan.
Le petit « Jari » de Liège nous propose :
« Le denim, contraction de « de Nîmes », est un tissu utilisé notamment pour la confection des jeans (au XXe siècle avec Lévi-Strauss car, au XVIe, c’était une toile de serge en laine et soie). Le mot denim, en anglais, signifie d’ailleurs toile de jeans. Ce textile de Nîmes était teint au bleu « de Gênes » (indigo). L’appellation « jeans » proviendrait de la contraction de « de Gênes », avec la prononciation locale (américaine…).
Quant à calicot – tissu de coton grossier et, par extension, banderole avec une inscription –, il tirerait son nom de la ville de Calicut — et non de Calcutta comme on l’entend souvent — située au sud-ouest de l'Inde (nom de ville venant lui-même de Kâlîkotta, « ville de Kâlî », la déesse : Wikipédia) où il était fabriqué à l’origine. »
Jean-Joris Schmidt
Administrateur
[1] Selon Littré : Vieux mot signifiant lit, mauvais lit, grabat ; inusité, sauf dans cette locution populaire, qui tombe elle-même en désuétude : envoyer quelqu'un au peautre ou aux peautres, le brusquer pour le congédier, pour le chasser.