Tendances clés du Benchmark Avocats 2026 – Wolters Kluwer
La pression sur les cabinets d’avocats belges ne cesse de croître. Exigences d’efficacité, digitalisation rapide, concurrence accrue et clients plus exigeants : le paysage professionnel évolue à toute vitesse.
Le Benchmark Avocats 2026, réalisé par Wolters Kluwer auprès de plus de 600 cabinets dans six pays européens – dont 134 en Belgique –, offre un aperçu détaillé de la manière dont les avocats indépendants ainsi que les petites et moyennes structures abordent cette transition.
Les résultats belges s’inscrivent globalement dans les tendances européennes, tout en révélant un secteur en pleine mutation, où la modernisation avance à des rythmes très différents selon les cabinets. L’étude se concentre sur trois dimensions majeures : rentabilité et productivité, technologie et automatisation, et relations clients.
Une rentabilité en hausse, mais une productivité qui stagne
Selon l’enquête, 48,8 % des cabinets belges ont vu leur rentabilité augmenter au cours des 12 derniers mois. Cette croissance n’est toutefois pas uniforme :
- 72,1 % des cabinets spécialisés affichent une hausse de leurs bénéfices,
- contre 27,9 % seulement pour les cabinets généralistes.
En revanche, la productivité demeure un défi majeur. À peine 3,7 % des avocats belges facturent plus de 90 % de leur temps de travail. Pour beaucoup, l’amélioration passe par l’automatisation de tâches administratives, la délégation des activités non facturables ou encore l’adoption d’outils de gestion des flux de travail plus performants.
Adoption technologique : des opportunités nombreuses, mais un rythme inégal
Les outils numériques – et en particulier l’intelligence artificielle – sont perçus comme des leviers essentiels pour gagner en efficacité, mais l’adoption reste inégale.
Aujourd’hui :
- 55,2 % des avocats belges utilisent des outils d’IA,
- alors que chez les avocats indépendants, 46,8 % n’en utilisent aucun.
Parmi ceux qui utilisent l’IA, la grande majorité (85,5 %) recourt à des solutions généralistes, comme ChatGPT, plutôt qu’à des outils spécifiquement juridiques.
Les principaux freins cités par les non-utilisateurs sont :
- le manque de connaissance,
- une formation insuffisante,
- et des préoccupations liées à la confidentialité des données.
Malgré cela, l’appétit pour investir est bien présent :
80,6 % des avocats belges prévoient d’augmenter leurs investissements technologiques, et 85,2 % s’attendent à une croissance continue du budget LegalTech dans les trois prochaines années.
Des clients plus difficiles à attirer et fidéliser
La relation client devient également un terrain de plus en plus exigeant.
71,6 % des cabinets belges déclarent éprouver des difficultés à attirer ou conserver leur clientèle.
Les raisons invoquées :
- l’évolution des attentes des clients,
- une concurrence renforcée.
Les cabinets identifient la confiance et la transparence comme les facteurs clés d’une relation durable, suivis par la qualité et la constance du service.
La technologie peut aussi jouer un rôle : 37,7 % des avocats considèrent la visioconférence comme un outil efficace pour renforcer la relation avec leurs clients.
Conclusion
Le Benchmark Avocats 2026 montre clairement que les cabinets d’avocats belges se trouvent à un moment charnière. Ceux qui parviendront à améliorer leur efficacité, adopter des solutions technologiques adaptées et répondre aux attentes croissantes de leurs clients renforceront significativement leur position sur un marché de plus en plus concurrentiel.
À propos du rapport
Le Benchmark Avocats 2026 est la première étude comparative européenne réalisée par le département Legal Software de Wolters Kluwer. Elle analyse la manière dont les avocats indépendants et les cabinets de petite et moyenne taille s’adaptent à un environnement marqué par une compétition accrue, une clientèle plus exigeante et une transformation numérique accélérée.