Le dossier de la surpopulation carcérale est sans nul doute le cauchemar de notre ministre de la justice… mais avant tout celui des personnes détenues, qui sont plus de 600 à dormir sur un matelas posé à même le sol.
Cette surpopulation entraîne des effets en cascade : insalubrité aggravée, promiscuité extrême, saleté, puces et punaises, rats et autres nuisibles, détérioration de l'état psychologique des personnes détenues, maque de soins, transferts vers les palais de justice annulés, ...
Le problème, qui nous place parmi les mauvais élèves à l’échelle de l’Europe, n’est pas neuf. AVOCATS.BE a utilisé la voie judiciaire pour faire cesser cet état de fait, et des arrêts de Cour d’appel cinglants ont été rendus pour les prisons de Lantin, Saint-Gilles, Haren et Mons, enjoignant l’Etat à mettre fin à la surpopulation des lieux.
Peut-être avons-nous péché par naïveté en considérant que ces arrêts allaient être suivis d’effets ? Nous avions même imaginé que des mesures structurelles allaient être prises.
Plusieurs millions d’euros d’astreintes sont aujourd’hui dus par l’Etat belge pour inexécution des arrêts en notre faveur et cette somme continue d’augmenter, à tel point qu’AVOCATS.BE a fait procéder à la saisie exécutoire de la prison de Forest aujourd’hui désaffectée.
Malgré cela, il faut constater que rien n’est fait pour mettre un terme à l’indignité des conditions de détention. Au contraire, la situation continue de s’aggraver. Nous sommes en effet passé de 12 596 au 1er janvier 2025 à 13 537 détenus au 1 décembre 2025 (Conseil pénitentiaire, avis 4, sur https://justice.belgium.be/fr/themes/prisons/surveillance_et_conseil/conseil_penitentiaire ).
Delphine PACI
Administratrice d’AVOCATS.BE