Prête-moi ta plume Tribune n°162

Prête-moi ta plume par Patrick Henry

https://www.larcier.com/fr/prete-moi-ta-plume-2019-9782807918535.html

Prête-moi ta plume, par Patrick Henry, Larcier, 316 p., 45 €

Cette colonne est habituellement dévolue à Patrick Henry qui y dépose depuis plusieurs années déjà ses recensions littéraires avec une régularité intarissable. Romans, essais, témoignages mais aussi, accessoirement, pièces de théâtre, livres d’artistes et revues… ses chroniques ne se limitent pas à un format en particulier pas plus qu’elles ne se bornent à un style déterminé. Elles commentent le fait littéraire d’hommes et de femmes de droit.

Cet exercice a débuté un peu incidemment quand, il y a une douzaine d’années, François Jongen lui proposa de participer à la réalisation de l’ouvrage collectif Droit & Littérature, un projet invitant les juristes à parler d’un ouvrage qu’ils aimeraient que tout juriste ait lu. Avec le temps, Patrick Henry y prit goût et se mit à recenser des livres qui lui avaient été adressés. D’abord dans les pages de la J.L.M.B., pour La Tribune ensuite.  

Dans un style généralement concis, alerte, son propos va à l’essentiel et tire parti du peu de place qui lui est imparti pour découvrir et faire découvrir un ouvrage qu’il vient de lire. A l’origine, ses chroniques recelaient ci et là d’habiles contrepèteries (une véritable recréation et récréation pour lui !) qui finirent pas disparaître. Elles se plaisent à recourir à des citations choisies et veillent à livrer au lecteur quelques extraits à la manière de teasers prestement sélectionnés.

Sur le fond, s’agissant de Confrères avocats, sa plume reflète souvent les affinités sélectives qu’il aime à souligner et les concordances d’idées qu’il se plaît à mettre en avant. Davantage encore, c’est la survenance de situations délétères pour l’état de droit et pour nos libertés et droits fondamentaux qui retient son attention et conduit sa critique.   

Ce Prête-moi ta plume compile une centaine de ces chroniques. Une sorte de best of augmenté. On y retrouve des noms qui reviennent à plusieurs occasions tels ceux du prolifique avocat/auteur/éditeur parisien Emmanuel Pierrat (plus d’une dizaine d’entrées ici à lui seul), l’ex-auditeur au Conseil d’Etat François Sureau, le très médiatique Dupont-Moretti mais aussi ceux moins emblématiques de nos Confrères plus proches comme Jean-Marc Rigaux, François Dessy, Bruno Dayez ou Alain Lebrun.

L’ouvrage est introduit par la très belle préface de Jean-Pierre Buyle, lequel est par ailleurs passé plusieurs fois en revue dans ces pages, qui nous rappelle, à juste propos, la place que la justice et le droit ont traditionnellement occupé dans la littérature.  

Lire. Le dire. Dire ce qu’on a à lire. Dire comment lire. Lire comment dire. En rire. Au pire, en pleurer. S’emparer des phrases. Ne pas désemparer. Parer à l’inconnu. Ne jamais se lasser. Amasser les mots au ressac des pages. Les faire tournoyer dans sa tête. Précipiter leur envol. S’amuser à les voir virevolter dans l’espace intérieur de nos pensées. Lancer le mouvement.

 

Eric Therer
Avocat au barreau de Liège

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A propos de l'auteur

Eric Therer

Avocat au barreau de Liège