Tribune n°165

Journée de l’avocat en danger : appel à manifester le 24 janvier

La situation des avocats au Pakistan

L’Association des Avocats Européens Démocrates (AED, dont est membre le SAD), coorganisatrice de la Journée de l’Avocat en Danger, lance un appel à manifester ce 24 janvier 2020 à 13h devant l’ambassade du Pakistan (avenue Delleur n° 57 à 1170 Bruxelles) pour la défense de la défense.

Le 24 janvier de chaque année, depuis 2009, les avocats se réunissent pour attirer l’attention sur la situation de leurs confrères menacés, recherchés, persécutés, mis sous pression, réduits au silence et emprisonnés. Les années précédentes, la Journée s’est intéressée aux pays suivants : Chine, Colombie, Egypte, Honduras, Iran, Philippines, Espagne (Pays Basque), Turquie. L’édition 2020 se concentre sur la situation des avocats au Pakistan.

Durant les dernières décennies, les avocats pakistanais ont été victimes d’attentats terroristes, de meurtres et tentatives de meurtres, d’attaques, de menaces de mort, de procédures pour outrage, d’harcèlement et d’intimidation dans l’exercice de leur profession. Ils ont aussi été arrêtés, détenus ou torturés et dans certains cas, les membres de la famille des avocats visés ont également été tués.

Certains avocats ont été menacés d’être radiés du barreau ou ont vu leurs maisons perquisitionnées par les policiers. A plusieurs reprises, des avocats chrétiens ou membres d’une minorité musulmane ont été attaqués ou menacés de mort.

L’attaque la plus notoire s’est déroulée dans l’hôpital de Quetta, le 8 août 2016, lorsque des terroristes ont perpétré un attentat suicide, suivi d’une fusillade, qui a causé la mort de 56 avocats.  Depuis lors, un nombre inquiétant d’avocats ont été tués chaque année.

Une accusation de blasphème expose couramment l’accusé et les avocats qui les défendent à du harcèlement, des menaces, des attaques, voire des émeutes. Or, selon une disposition centrale des Principes de base des Nations-Unies relatifs au rôle du barreau, les avocats ne devraient jamais être identifiés à leurs clients ou aux causes défendues par ces derniers.

Notre métier consiste à représenter nos clients, à faire valoir leurs intérêts devant les juridictions nationales et internationales. Nous ne pouvons tolérer les attaques personnelles portées à nos confrères dans l’exercice de leur profession. L’avocat doit exercer de manière libre et indépendante. Se taire, c’est laisser gagner la peur et l’intimidation.

Ce 24 janvier, nous vous attendons devant l’ambassade afin de soutenir nos confrères pakistanais et de dénoncer les atteintes graves et toujours plus nombreuses à leurs droits et libertés.

 

Pour le Syndicat des Avocats pour la Démocratie,
Aurore Lebeau

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A propos de l'auteur

Aurore Lebeau

Présidente du SAD - Syndicat des Avocats pour la Démocratie