Tribune spéciale Covid

Interview – Mathilde Rentmeister, Président de la Conférence Libre du Jeune Barreau de Liège

Vous présidez la Conférence Libre du Jeune Barreau de Liège. Traditionnellement, les jeunes barreaux organisent moult formations et activités ludiques. Comment faites-vous en cette période difficile pour maintenir le lien entre les avocats ?

J’aime qualifier la CLJB de Conférence optimiste. Même en cette période difficile, j’ai la chance d’être entourée de Commissaires remplis d’idées et de « plans B » pour faire face à la situation sanitaire.

Ainsi, concernant les activités de formation, nous avons pu réaliser notre colloque annuel le 7 octobre dernier relatif aux modifications « Pots-Pourris ». Ce dernier s’est tenu en présentiel et à distance. Nos conférences de midi restent présentes chaque mois, pour le moment à distance et orchestrées d’une main de maître par notre Directeur des Travaux.

La Conférence a également proposé une collecte de dons de sang en partenariat avec la Croix Rouge. L’idée était de diversifier nos activités et de proposer à chacun de faire une action dans l’intérêt de tous.

De plus, la CLJB est présente sur les réseaux sociaux grâce au travail quotidien de son Community Manager. Nous tentons de maintenir un lien social en réalisant des postes réguliers.

Aujourd’hui, le plus difficile a trait à l’objectif d’intégration des plus jeunes confrères. En effet, la distance sociale et la fermeture des bars, restaurants et lieux culturels nous ont empêchés d’organiser nos activités permettant de rencontrer et de discuter avec les stagiaires. Cependant, nous ne baissons pas les bras ! Notre Commissaire stagiaire, également stagiaire, est à pied d’œuvre afin d’être à l’écoute des plus jeunes.

Dès que nous le pourrons, nous reprendrons des activités en présentiel – par petits groupes si besoin – afin de renforcer davantage encore le lien social.

Comme observatrice privilégiée de votre barreau, comment percevez-vous la situation des avocats actuellement ? La situation est-elle aussi catastrophique que relatée par certains ou le fait que les avocats aient pu poursuivre leur travail a-t-il rendu les choses acceptables ?

La situation actuelle, en second confinement, est assez différente de celle que nous avons connue aux mois de mars et d’avril. En effet, j’ai un peu l’impression de vivre une Rentrée judiciaire prolongée depuis le mois de septembre.

Je pense que nous devons nous estimer chanceux d’une certaine façon. En effet, contrairement à d’autres, notre secteur n’est pas à l’arrêt même si nous devons constater une diminution des dossiers entrants.

Au rang des diminutions, nous avons également constaté une diminution du nombre de stagiaires. J’espère que cette année restera exceptionnelle – dans le mauvais sens du terme – et que nous retrouverons rapidement un niveau plus élevé d’engagements.

De plus, je suis cependant inquiète pour nos plus jeunes confrères. Au-delà de la difficulté rencontrée pour trouver un stage, ils connaissent une année très particulière et j’ai peur qu’ils se retrouvent parfois bien seuls face aux difficultés que peuvent représenter l’apprentissage du métier.

Quel message voudriez-vous adresser aux Ordres locaux et à AVOCATS.BE ?

Je pense que nos Ordres locaux doivent être particulièrement attentifs à rester en contact avec les membres de leurs barreaux. Il faut éviter l’écueil de la « Tour d’ivoire » et écouter les problèmes rencontrés au quotidien : fermeture des greffes, pratiques différentes selon les Tribunaux, attente excessivement longue pour certaines audiences, etc.

Concernant AVOCATS.BE, je pense qu’il est important de soutenir les Ordres locaux et de coordonner les actions de chacun.

La clé, tant pour les Ordres que pour AVOCATS.BE, est la communication. Je constate au quotidien que l’important n’est pas de multiplier les actions mais bien de communiquer sur les actions qui sont réalisées. Cela permet aux confrères d’éviter de se sentir seuls face à une situation difficile.

Comme présidente, quel message souhaitez-vous faire passer à vos confrères bruxellois et wallons ?

J’ai envie de leur dire de rester solidaires. On apprend au début de son stage la notion de confraternité : elle est essentielle pour notre métier. Même si nos clients sont impatients, nous ne devons pas oublier les difficultés humaines qui peuvent être rencontrées au sein des autres cabinets et il est de notre devoir de rester compréhensifs.

Si vous deviez finir cette interview par une citation ?

Michael Jordan a dit un jour : « Les obstacles ne doivent pas t’arrêter. Si tu rencontres un mur, ne te retourne pas et n’abandonne pas. Tu dois comprendre comment escalader, traverser ou contourner le problème ».

Je pense que nous pouvons appliquer cette citation à la situation actuelle. En effet, MJ voulait nous dire de ne pas abandonner face à la difficulté mais de trouver un moyen de faire avec pour passer outre. Nous devons travailler ensemble pour surmonter la crise sanitaire et économique et c’est ensemble que nous connaitrons une année 2021 plus joyeuse que l’année 2020.

 

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A propos de l'auteur

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Mathilde Rentmeister

Président de la Conférence Libre du Jeune Barreau de Liège