Mot du Président Tribune n°189

Communiquer est un art difficile !

Communiquer est un art difficile. Surtout lorsque les nouvelles ne sont pas les meilleures !

Dans cette Tribune, vous trouverez l’analyse du sondage réalisé fin de l’année dernière par le centre Perelman de philosophie du droit de l’ULB, sous la direction du professeur Gregory Lewkowicz, en partenariat avec l’Ordre français des avocats du barreau de Bruxelles. L’initiative ainsi que l’analyse en reviennent également à Jean-Joris Schmidt, administrateur d’AVOCATS.BE, que je remercie chaleureusement.

La peur a toujours une cause déterminée ou déterminable. L’angoisse est un phénomène plus diffus et plus difficile à comprendre.

De nombreux confrères sont anxieux, inquiets, pour leur avenir. C’est normal ! Nous vivons dans un monde transformé par la pandémie. Nos relations aux autres sont viciées par celle-ci. Il en est de même de notre relation au travail, aux loisirs, au quotidien tout simplement. Si l’on réfléchit à la transformation des contacts avec nos proches et nos amis, à l’élaboration de nos projets, même de vacances, à la manière dont nous recevons nos clients ou dont nous allons plaider, nous ne pouvons que constater que la pandémie a bouleversé nos habitudes les plus simples. Parfois, nous ne nous en rendons même plus compte.

Nous avons peur pour notre santé et celle de nos proches. Nous avons peur quand nous voyons nos jeunes désemparés et perdant leurs repères. Nous avons peur quand nous voyons, pour beaucoup d’entre nous, nos revenus diminuer ou nos clients payer plus difficilement. Nous avons peur face aux échéances qui se rapprochent et auxquelles nous craignons de ne pouvoir faire face. Toutes ces peurs mêlées aux incertitudes liées à l’éradication de la maladie nous entraînent dans cette anxiété.

Et pourtant !

Il y a des choses positives : scientifiquement, la vaccination est en route et on peut espérer un été plus « normal » que celui de l’an dernier. Les chiffres de contamination ne sont pas excellents mais d’autres indicateurs restent positifs dans notre pays. C’est tout de même une bonne nouvelle et beaucoup en avaient besoin.

Dans notre manière de vivre, il y a chez beaucoup la volonté de prendre plus de temps pour soi et pour ses proches, celle de vivre différemment, de travailler autrement, de prendre réellement en compte d’autres priorités, que ce soit dans la manière de se déplacer ou de consommer. Contrairement aux promesses faites chaque début janvier, cette volonté de changement semble plus ancrée et durable.

Alors, même si on espère tous ce petit apéro entre amis ou en famille élargie, on peut aussi se réjouir des effets positifs de cette crise sur nos vies. Ne tombons pas dans un optimisme béat mais n’oublions pas ce qui est parfois simplement mieux !

Et puis il y a les Ordres ! Là aussi, il est sans doute temps de nous repenser en nous consacrant encore plus aux confrères et aux soucis qu’ils rencontrent. Ne me demandez pas de prendre en charge les factures de celles et ceux en difficulté. Nous en sommes totalement incapables. L’activité d’AVOCATS.BE n’a jamais été aussi importante sans augmentation des moyens. Nous ne nous en plaignons pas. Nous faisons un maximum et les bâtonniers en sont parfaitement conscients.

Mais, le service social mis en place par AVOCATS.BE doit se développer pour mieux répondre à la demande. L’information doit encore être améliorée pour répondre aux soucis quotidiens des confrères. L’aide aux avocats en difficulté doit être une réalité car l’Ordre doit pouvoir montrer sa solidarité. Mais l’Ordre, à nouveau, c’est chacun d’entre vous.

Je remercie les confrères qui consacrent leur temps à aider les avocats en incapacité de travail ou en grande difficulté. Je remercie ceux qui, avec nous, réfléchissent aux aides matérielles ou juridiques qui peuvent être mises en place pour aider celles et ceux qui sont dans le besoin. C’est bien de dire que l’avocature est une grande famille, c’est encore mieux d’agir.

Vous dire que nous en sortirons toutes et tous serait une sorte de vaine promesse électorale dénuée de tout fondement. Vous dire que, avec l’assemblée générale des bâtonniers et le conseil d’administration, nous tentons de rendre le meilleur service possible pour qu’un maximum d’entre nous sorte de cette crise sans catastrophe majeure est une réalité de chaque jour. Merci à eux aussi.

 

Votre très dévoué,

Xavier Van Gils,
Président

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A propos de l'auteur

Xavier Van Gils

Président d'AVOCATS.BE