Tribune n°134

Compte-rendu de la rentrée du Brabant Wallon

Vendredi 4 mai 2018, un soleil radieux est au rendez-vous pour célébrer une des dernières rentrées judiciaires du Royaume, celle du barreau du Brabant Wallon.

Celle-ci débute par la séance solennelle, orchestrée par un duo composé de Maître Yannick Alsteens, président de la Conférence du Jeune barreau du Brabant Wallon et Maître Roxane d’Aoust, Bâtonnier du barreau du Brabant Wallon.

Vers 15 heures, après avoir introduit la séance de rentrée, la plaçant sous le signe d’une fête à célébrer, Maître Yannick Alsteens donne la parole à l’orateur choisi pour l’occasion, Monsieur Vincent Delforge, certes ancien avocat du barreau du Charleroi mais surtout Juge de Paix du canton de Nivelles depuis une paire d’années.

Un choix qui sort de l’ordinaire mais salué par l’orateur lui-même, estimant que son intervention ne peut que manifester l’entente qui règne entre le barreau et la magistrature nivellois.

« Nemo plus juris… », titre d’une joute oratoire qui débute par un retour dans le temps et par un hommage de l’orateur à son grand-père qui, en 1938, prononçait lui aussi un discours de rentrée, celui du barreau de Charleroi.

Monsieur Delforge reconstitue ensuite l’histoire, au fil des différentes personnalités qui l’ont précédé au poste de Juge de Paix du canton de Nivelles, lorsque la fonction était encore empreinte de proximité avec les justiciables.

C’est au fil de l’énonciation des mérites de cette proximité que Monsieur le Juge de Paix aborde l’actualité ainsi que les méandres et failles du système judiciaire d’aujourd’hui, notamment au niveau du degré de juridiction auquel il siège.

La comparaison entre les deux époques ne résiste pas à l’analyse…

L’orateur clame haut et fort son mécontentement par rapport aux réformes de la justice, qui se succèdent et, malheureusement pour les justiciables, se ressemblent : disparition des cantons, manque d’effectifs et de juges suppléants, insuffisance de moyens pour mettre en place la médiation au niveau des justices de paix, …

« Nemo plus juris ad alium transferre potest quam ipse habet » : une personne ne peut transférer à autrui plus de droits que ceux qu’elle a : le Juge de Paix conclut en exposant qu’en matière de justice, cet adage doit céder place à un transfert toujours plus important de droits pour les générations futures…

C’est ensuite au tour de Madame le Bâtonnier de monter sur le ring, armée de ses gants de boxe, pour la réplique d’usage.

Le message est fort : critiquer, c’est bien, mais critiquer en tentant d’apporter des solutions, c’est mieux. Les grincheux n’ont qu’à bien se tenir…

Maître d’Aoust appelle les siens à la mobilisation pour repousser les futures réformes envisagées par le Ministre de la Justice, dont elle n’hésite pas à épingler l’absence, malgré l’invitation personnelle qui lui a été adressée.

Au terme de l’exercice oratoire mené avec brio par Monsieur Delforge et la réplique cinglante de Madame le Bâtonnier, les invités profitent d’une réception au Palais de Justice de Nivelles.

C’est ensuite au Cercle du Lac à Louvain-la-Neuve que Maître Alsteens et son équipe de la Conférence du Jeune Barreau accueillent les convives, pour un novateur walking dinner qui semble ravir les confrères, heureux de se retrouver autour d’un verre et d’un dynamique repas.

Une revue 2.0. poursuit la soirée, rythmée notamment par des scènes vidéos et des chansons jouées par un groupe live.

La soirée dansante débute quant à elle un peu plus tard, au son endiablé des platines d’un DJ en grande forme.

Tant la journée que la soirée de gala, placées sous le signe de la fête, de l’innovation et de la mobilisation, transpirent la convivialité et la confraternité qui définissent si bien le barreau brabançon.

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A propos de l'auteur

Julie Mont

Avocate au barreau du Brabant Wallon

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